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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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<)C> LA HENRIADE.

Tl était animé de cette confiance

Qui dans le cœur des saints affermit l’innocence:

Sa tranquille fureur marclie les yeux baissés;

Ses sacrilèges vœux au ciel sont adressés ;

Son front de la vertu porte l’empreinte austère ;

Et .son fer parricide est caché sous sa haire*

Il marche : ses amis, instruits de son dessein ,

Et de fleurs sous ses pas parfumant son chemin,Remplis d’un saint respect, aux portes le conduisent,Bénissent son dessein, l’encouragent, l’instruisent,Placent déjà son nom parmi ies noms sacrésDans les fastes de Rome à jamais révérés,

Le nomment, à grands cris, le vengeur de la France ,Et, l’encens à la main, l’invoquent par avance.

C’est avec moins d’ardeur, avec moins de transport,Que les premiers chrétiens , avides de la mort,Intrépides soutiens de la foi de leurs pères ,

Au martyre autrefois accompagnaient leurs freres,Enviaient les douceurs de leur heureux trépas ,

Et baisaient, en pleurant, les traces de leurs pas.

Le fanatique aveugle , et le chrétien sincere,

Ont porté trop souvent le même caractère ;

Ils ont même courage, ils ont mêmes désirs.

Le crime a ses héros ; l’erreur a ses martyrs.

Dn vrai zele et du faux vains jnges que nous sommes ISouvent des scélérats ressemblent aux grandshommes.

Mayenne, dont les yeux savent tout éclairer,

Voit le coup qu’on prépare, et feint de l’ignorer.

De ce crime odieux son prudent artificeSonge à cueillir le fruit sans en être complice :

Il laisse avec adresse aux plus séditieux