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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA IIENRIADE.

Ils ont passé par moi pour aller jusqu’à vous :Peut-être un jour viendra qu’une main plus barbare...Juste Ciel, épargnez une vertu si rarePermettez... ! A ces mots l’impitoyable mortVient; fondre sur sa tête, et termine son sort.

Au bruit de son trépas , Paris se livre en proieAux transports odieux de sa coupable joie;

De cent cris de victoire ils remplissent les airs :

Les travaux sont cessés, les temples sont ouverts ;De couronnes de fleurs ils ont paré leurs têtes ;

Ils consacrent ce jour à d’éternelles fêtes.

Bourbon n’est à leurs yeux qu’un héros sans appui,Qui n’a plus que sa gloire et sa valeur pour lui.Pourra-t-il résister à la ligue affermie,

A l’église en courroux, à l’Espagne ennemie,

Aux traits du Vatican, si craints, si dangereux,

A l’or du nouveau monde, encor plus puissant qu’eux?Déjà quelques guerriers, funestes politiques.

Plus mauvais citoyens que zélés catholiques,

D’un scrupule affecté colorant leur dessein,Séparent leurs drapeaux des drapeaux de Calvin;Mais le reste, enflammé d’une ardeur plus fidele.Pour la cause des rois redouble encor son zeîe.

Ces amis éprouvés, ces généreux soldats,

Que long-temps la victoire a conduits sur ses pss,

De la France incertaine ont reconnu le maître ;

Tout leur camp réuni le croit digne de l’être.

Ces braves chevaliers, les Givris, les d’Aupionts,

Les grands Montmorencis, les Sancis, les Crillons,Lui jurent de le suivre aux deux bouts de la terre ;Moins faits pour disputer, que formés pour la guerre,Fidèles à leur Dieu, fideles à leurs lois,