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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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IOI

CHANT

par leurs desseins divers en secret partagésD’une commune voix formant les mêmes plaintes,Exprimaient des douleurs ou sincères ou feintes.Quelques uns, que flattait l'espoir du changement,Du danger de leur roi s’affligeaient faiblement ;

Des autres, qu’occupait leur crainte intéressée,Pleuraient, aù lieu du roi, leur fortune passée.Parmi ce bruit confus de plaintes, de clameurs,Henri, vous répandiez, de véritables pleurs.

Il fut votre ennemi ; mais les cœurs nés sensiblesSont aisément émus dans ces moments horribles.Henri ne se souvint que de son amitié:

En vain son intérêt combattait sa pitié;

Ce héros vertueux se cachait à lui-mêmeQue la mort de son roi lui donne un diadème.

"Valois tourna sur lui, par un dernier effort,

Ses yeux appesantis qu’allait fermer la mort;

Et, touchant de sa main-ses mains victorieuse.,ltetenez, lui dit-il, vos larmes généreuses:L’univers indigné doit plaindre votre roi ;

Vous, Bourbon, combattez.,régnez, etveugez.-moi..le meurs, et je vous laisse, au milieu des orages,Assis sur un écueil couvert de mes naufrages.

Mon trône vous attend, mon trône vous est du:Jouissez de ce bien par vos mains défendu :

Mais songez que la tou dre en tout temps l’environne;Craignez,en y montant, ce Dieu qui vous le donne.Puissiez-vous, détrompé d’un dogme criminel,Rétablir de vos mains son culte et son autel !Adieu, régnez heureux; qu’un plus puissantgénieDu fer des assassins défende votre vie.

Vous connaissez la ligue, et vous voyez ses coups :