CHANT VI., n5
Egorger tes su]ets, et régner sur des morts :
Arrête !.. » A ces accents, plus forts que le tonnerre,Le soldat s’épouvante, il embrasse la terre,
Il quitte le pillage. Henri, plein de l’ardeurQue le combat encore enflammait dans son cœur,Semblable à l’océan qui s’appaise et qui gronde :
« O fatal habitant de l’invisible monde !
« Que viens-tu m’annoncer dans ceséjourd’horreur?»Alors il entendit ces mots pleins de douceur:
« .Te suis cet heureux roi'que la France révéré,
Le pere des Bourbons, ton protecteur, ton pere ; •
Ce Louis qui j adis combattit comme t oi,
Ce Louis dont ton cœur a négligé la foi,
Ce Louis qui te plaint, qui t’admire, et qui t’aime.Dieu sur ton trône un j our te conduira lui-même ;Dans Paris,ô mon fils, tu rentreras vainqueur,
Pour prix de ta clémence, et non de ta valeur :
C’est Dieu qui t’en instruit,et c’est Dieu qui m’envoie.»Le héros, à ces mots, verse des pleurs dejoie.
La paix a dans son cœur étouffé son courroux :
Il s’écrie, il soupire, il adore à genoux.
D’une divine horreur son aine est pénétrée :
Trois fois il tend les bras à cette ombre sacrée ;
Trois fois son pere échappe à ses embrassements,
Tel qu’un léger nuage écarté par les vents.
Du faîte cependant de ce mur formidable,
Tons les ligueurs armés, tout un peuple innombrable,Etrangers et Français, chefs, citoyens, soldats,
Font pleuvoir sur le roi le fer et le trépas.
La vertu du Très-Haut brille autour de sa tête,
Et des traits qu’on lui lance écarte la tempête.
Ilvit alors, il vit de quel affreux danger