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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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n4 LA HENB.IADE,

Qui bravaient les hivers, et qui touchaient les cieux ;Détache les rochers du penchant des montagnes,Etpoursuit les troupeaux fuyant dans les campagnes.Tel Bourbon descendait à pas précipitésDu haut des murs fumants qu’il avait emportés ;Tel, d’un bras foudroyant fondantsur les rebelles.

Il moissonne, en courant, leurs troupes criminelles.Les Seize, avec effroi, fuyaient ce bras vengeur,Egarés, confondus , dispersés par la peur.

Mayenne ordonne enfin que Ton ouvre les portes:Il rentre dans Paris, suivi de ses cohortes.

Les vainqueurs furieux, les flambeaux à la main,Dans les faubourgs sanglants se répandent soudain.Du soldat effréné la valeur tourne en rage ;

Il livre tout au fer, aux flammes, au pillage.

Henri ne les voit point ; son vol impétueuxPoursuivait l’ennemi fuyant devant ses yeux.

Sa victoire l’enflamme, et sa valeur l’emporte ;

Il franchit les faubourgs, il s’avance à la porte :Compagnons, apportez et le fer et les feux ;

Venez, volez, montez sur ces murs orgueilleux.

Comme il parlait ainsi, du profond d’une nueUn fantôme éclatant se présente à sa vue :

Son corps majestueux, maître des éléments,Descendait vers Bourbon sur les ailes des vents:

De la divinité les vives étincelles

Etalaient sur son front des beautés immortelles;

Ses yeux semblaient remplis de tendresse et d’horreur :« Arrête, cria-t-il, trop malheureux vainqueur. 1Tu vas abandonner aux flammes, au pillage,

De cent rois , tes aïeux, l’immortel héritage,

Ravager ton pays, mes temples, tes trésors,