n4 LA HENB.IADE,
Qui bravaient les hivers, et qui touchaient les cieux ;Détache les rochers du penchant des montagnes,Etpoursuit les troupeaux fuyant dans les campagnes.Tel Bourbon descendait à pas précipitésDu haut des murs fumants qu’il avait emportés ;Tel, d’un bras foudroyant fondantsur les rebelles.
Il moissonne, en courant, leurs troupes criminelles.Les Seize, avec effroi, fuyaient ce bras vengeur,Egarés, confondus , dispersés par la peur.
Mayenne ordonne enfin que Ton ouvre les portes:Il rentre dans Paris, suivi de ses cohortes.
Les vainqueurs furieux, les flambeaux à la main,Dans les faubourgs sanglants se répandent soudain.Du soldat effréné la valeur tourne en rage ;
Il livre tout au fer, aux flammes, au pillage.
Henri ne les voit point ; son vol impétueuxPoursuivait l’ennemi fuyant devant ses yeux.
Sa victoire l’enflamme, et sa valeur l’emporte ;
Il franchit les faubourgs, il s’avance à la porte :Compagnons, apportez et le fer et les feux ;
Venez, volez, montez sur ces murs orgueilleux.
Comme il parlait ainsi, du profond d’une nueUn fantôme éclatant se présente à sa vue :
Son corps majestueux, maître des éléments,Descendait vers Bourbon sur les ailes des vents:
De la divinité les vives étincelles
Etalaient sur son front des beautés immortelles;
Ses yeux semblaient remplis de tendresse et d’horreur :« Arrête, cria-t-il, trop malheureux vainqueur. 1Tu vas abandonner aux flammes, au pillage,
De cent rois , tes aïeux, l’immortel héritage,
Ravager ton pays, mes temples, tes trésors,