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LA HENRIADE.
Le jour blesse ses -yeux dans l’ombre étincelants :Triste amante des morts, elle hait les vivants.
Elle apperçoit Henri, se détourne, et soupire.Auprès d’elle est l’orgueil, qui se plaît et s’admire;La faiblesse au teint pâle, aux regards abattus,Tyran qui cede au crime , et détruit les vertus ;L’ambition sanglante, inquiété, égarée,
De trônes , de tombeaux, d’esclaves entourée ;
La tendre hypocrisie aux yeux pleins de douceur,( Le ciel est dans ses yeux, l’enfer est dans son cœurLe faux zele étalant ses barbares maximes ;
Et l’intérêt enlîn, pere de tous les crimes.
Des mortels corrompus ces tyrans effrénés ,
A l’aspect de Henri, paraissent consternés :
Ils ne l’ont jamais vu; jamais leur troupe impieN’approcha de son ame à la vertu nourrie :
Quel mortel, disaient-ils, par ce juste conduit,"Vient nous persécuter dans l'éternelle nuit?
Le héros , au milieu de ces esprits immondes ,S’avancait à pas lents sous ces voûtes profondes :Louis guidait ses pas : Ciel ! qu’est-ce que je vbi 1l/assassin de "Valois ! ce monstre devant moi îMon pere, il tient encor ce couteau parricideDont le conseil des Seize arma sa main perfide.Tandis que, dans Paris, tous ces prêtres cruelsOsent de son portrait souiller les saints autels,Que la ligue l’invoque, et que Rome le loue,
Ici, dans les tourments, l’enfer les désavoue.
Mon fils, reprit Louis, de plus séveres loisPoursuivent en ces lieux les princes et les rois.Regardez ces tyrans adorés dans leur vie :
Plus ils étaient puissants, plus Dieu les humilie.