CHANT Vil.
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Il punit les forfaits que leurs mains ont commis,Ceux qu’ils n’ont point vengés, et ceux qu’ils ontpermis.
La mort leur a ravi leurs grandeurs passagères ,
Ce faste , ces plaisirs, ces flatteurs mercenairesDe qui la complaisance, avec dextérité,
A leurs yeux éblouis cachait la vérité.
La vérité terrible ici fait leurs supplices :
Elle est devant leurs \ eux, elle éclairé leurs vices.Voyez comme à sa voix tremblent ces conquérants,Héros aux yeux du peuple, aux veux de Dieu tyrans ;Idéaux du monde entier, que leur fureur embrase,La foudre qu’ils portaient à leur tour les écrase.Auprès d’eux sont couchés tous ces rois fainéants,Sur un trône avili fantômes impuissants.
Henri voit près des rois leurs insolents ministres :
Il remarque sur-tout ces conseillers sinistres,
Qui, des mœurs et des lois avares corrupteurs,
De Thémis et de Mars ont vendu les honneurs ;
Qui mirent, les premiers, à d’indignes enchèresL'inestimable prix des vertus de nos peres.
Etes-vous en ces lieux, faibles et tendres cœurs,Qui,livrés aux plaisirs,et couchés sur des fleurs,Sans fiel et sans fierté couliez dans la paresseVos inutiles jours filés par la mollesse?
Avec les scélérats seriez-vous confondus, •
Vous, mortels bienfaisants, vous, amis des vertus - ,Qui, par un seul moment de doute ou de faiblesse,Avez séché le fruit de trente- ans de sagesse ?
Le généreux Henri ne put cacher ses pleurs.
Ah! s’il est vrai, dit-il, qu’eu ce séjour d’horreursLa race des humains soit en foule engloutie,