CHANT VII. i2Î
Ils désirent sans cesse, et sans cesse ils jouissent,
Et goûtent, dans les feux, d’une éternelle ardeur,
Des plaisirs sans regrets, du repos sans langueur.
Là, régnent les bons rois qu’ont produits tous iesàgesjLà, sont les vrais héros ; là, vivent les vrais sages ;Là,.sur un trône d’or, Charlemagne et Clovis •Veillent du haut des cieux sur l’empire des lis.
Les plus grands ennemis, les plus iiers adversaires,Réunis dans ces lieux, n’y sont plus que des freres.Le sage Louis douze, au milieu de ces rois,
S’élève comme un cedre, et leur donne des lois.
Ce roi, qu'à nos aïeux donna le ciel propice,
•Sur son trône avec lui fit asseoir la justice ;
Il pardonna souvent ;il régna sur les cœurs;
Et des yeux de son peuple il essuya les pleurs.D’Âmboise est à ses pieds, ce ministre lîdele,
Qui seul aima la France, et fut seul aimé d’elle ;Tendre ami de son maître, et qui, dans ce haut rang,Ne souilla point «es mains de rapine et de sang.
O jours ! ô mœurs ! ô temps d’éternelle mémoire !
Le peuple était heureux, le roi couvert de gloire ;
De ses aimables lois chacun goûtait les fruits,lievenez, heureux temps, sous un autre Louis !
Plus loin sont ces guerriers, prodigues de leur vie,Qu’enflamma leur devoir, et non pas leur furie;
1/a Trémonille, Clisson, Montmorenci, de Foix,Guesclm le destructeur et le vengeur des rois,
Le vertueux Bayard, et vous, brave amazone,
La honte des Anglais , et le soutien du tronc.
Ces héros , dit Louis, que tu vois dans les cieux,Comme toi, de la terre ont ébloui les yeux ;
La vertu, comme à toi, mon fils, leur était chcre :
G.