iaô LA HENRIADE.
Mais, enfants de l’église, ils ont chéri leur mere ;Leur cœur simple et docile aimait la vérité ;
Leur culte était le mien, pourquoi l’as-tu quitté?
Comme il disait ces mots d’une voix gémissante ,Le palais des destins devant lui se présente :
Il fait marcher son lils vers ces sacrés remparts,
Et cent portes d’airain s’ouvrent à ses regards.
Le temps, d’une aile prompte, et d’un vol insensible,Fuit, et revient sans cesse à ce palais terrible ;
Et de là sur la terre il verse à pleines mainsEt les biens et les maux destinés aux humains.
Sur un autel de fer un livre inexplicableContient de l’avenir l’histoire irrévocable :
La main de l’éternel y marqua nos désirs,
Et nos chagrins cruels, et nos faibles plaisirs..
On voit la liberté, cette esclave si fiere, •
Par d’invisibles nœuds en ces lieux prisonnière:
Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser.
Dieu sait l’assujettir sans la tyranniser :
A ses suprêmes lois d’autant mieux attachée,
Que sa chaîne à ses veux pour jamais est cachée ;Qu’en obéissant même elle agit par son choix,
Et souvent aux destins pense donner des lois.
Mon cher fils, dit Louis, c’est de là que la grâceFait .sentir aux humains sa faveur efficace ;
C’est de ces lieux sacrés qu’un jour son trait vainqueurDoit partir, doit brûler, doit embraser ton cœur.
Tu ne peux différer, ni hâter, ni connaître,
Ces moments précieux dont Dieu seul est le maître.Mais qu’ils sont encor loin ces temps, ces heureuxtemps,
Où Dieu doit te compter au rang de ses enfants .