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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA HENRIADH.

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Quel est ce jeune prince en qui ia majestéSur son visage aimable éclate sans fierté ?

D’un œil d’indifférence il régarde le trône...

Ciel ! quelle nuit soudaine à mes yeux l’environne ?La mort, autour de lui, vole sans s’arrêter ;

Il tombe an pied du trône , étant près d’y monter.

O mon fils ! des Français vous voyez le plus j uste ;Les cieux le formeront de votre sang auguste.

Grand Dieu, ne faites-vous que montrer aux humainsCette fleur passagère, ouvrage de vos mains?

Hélas! que n’eût point fait cette ame vertueuse !

La France sous son régné eût été trop heureuse !

Il eût entretenu l’abondance et la paix ;

Mon fils, il eût compté ses j ours par ses bienfaits ;

Il eût aimé son peuple. O jour rempli d’alarmes !

O combien les Français vont répandre de larmes,Quand sous la même tombe ils verront réunisEt l’époux et la femme, et la mere et le fils !

Un faible rejeton sort entre les ruinesDe cet arbre fécond coupé dans ses racines.

Les enfants de Louis, descendus au tombeau,

Ont laissé dans la France un monarque au berceau,De l’état ébranlé douce et frêle espérance.

O toi, prudent Fleury, veille sur son enfance ,Conduis ses premiers pas, cultive sous tes yeuxDu pins pur de mon sang le dépôt précieux.

Tout souverain qu’il est, instruis-le à se connaître ;Qu’il sache qu’il est homme en voyant qu’il est maître fQu’aimé de ses sujets, ils soient chers à ses yeux :Apprends-lui qu’il n’est roi, qu’il n’est né que poureux.

France, reprends sous lui ta majesté première ,