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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT VII. i3i

Perce la triste nuit qui couvrait ta lumière ;

Que les arts, qui déjà voulaient t’abandonner,

De leurs utiles mains viennent te couronner.

L’océan se demande, en ses grottes profondes,

Où sont tes pavillons qui flottaient sur ses ondes.Du Nil et de l’Euxin, de l’Inde et de ses ports,

Le commerce t’appelle, et t’ouvre ses trésors.Maintiens l’ordre et la paix, sans chercher la victoire.Sois l’arbitre des rois : c’est assez pour ta gloire :

Il t’en a trop coûté d’en être la terreur.

Près de ce jeune roi s’avance avec splendeurUn héros que de loin poursuit la calomnie,

Facile et non pas faible, ardent, plein de génie,

Trop ami des plaisirs, et trop des nouveautés,Remuant l’univers du sein des voluptés.

Par des ressorts nouveaux, sa politique habileTient l'Europe en suspens, divisée et tranquille.

Les arts sont éclairés par ses yeux vigilants.

Né pour tous les emplois, il a tous les talents,

Ceux d’un chef, d’un soldat, d’un citoyen, d’un maî-tre :

Il n’est pas roi, mon fils; mais il enseigne à l’être.

Alors dans un orage, au milieu des éclairs,

L étendard de la France apparut dans les airs ;Devant lui d’Espagnols une troupe guerriereDe l’aigle des Germains brisait la tête altiere.

O mon pere ! quel est ce spectacle nouveau?

Tout change, dit Louis, et tout a son tombeau.Adorons du Très-Haut la sagesse cachée.

Du puissant Charles-Quint la race est retranchée.L’Espagne, à nos genoux, vient demander des rois:C’est un de nos neveux qui leur donne des lois.