t32
LA HENRIADE.
Philippe... A cet objet, Henri demeure en proieA la douce surprise, aux transports de sa joie.Modérez, dit Louis, ce premier mouvement ;Craignez encor, craignez ce grand évènement.
Oui, du sein de Paris Madrid reçoit un maître :
Cet honneur à tous deux est dangereux peut-être.
O rois nés de mon sang! ô Philippe ! ô mes fils !France, Espagne, à jamais puissiez-vous être unis !Jusqu’à quand voulez-vous, malheureux politiques,Allumer les flambeaux des discordes publiques?
Il dit: en ce moment le héros ne vit plusQu’un assemblage vain de mille objets confus.
Du temple des destins les portes se fermèrent,
Et les voûtes des cieux devant lui s’éclipsèrent.
L’aurore cependant,au visage vermeil,
Ouvrait dans l’orient le palais du soleil :
La nuit en d’autres lieux portait ses voiles sombres:Les songes voltigeants fuyaient avec les ombres.
Le prince, en s’éveillant, sent au fond de son cœurUne force nouvelle, une divine ardeur:
Ses regards inspiraient le respect et la crainte ;
Dieu remplissait son front de sa majesté sainte.Ainsi, quand le vengeur des peuples d’JsraelEut, sur le mont Sina, consulté PEternel,
Les Hébreux,à ses pieds, couchés dans la poussière,Ne purent de ses yeux soutenir la lumière*
FIN DU CHANT SEPTIEME.