i34 LA HENRIADE.
Affaiblis par leur sang versé dans les combats ;
Mais ces mêmes combats, leur sang, et leurs blessuresLes excitaient encore à venger leurs in ures.
Tous, auprès de Mayenne, ils viennent se ranger ;Tous, le fer dans les mains, furent de le venger.Telle au haut de l’Olympe , aux champs de ThessalieDes enfants de la terre on peint la troupe impieEntassant des rochers , et menaçant les cieux,
Ivre du fol espoir de détrôner les dieux.
La discorde à l’instant entr’ouvrant une nue,Sur un char lumineux se présente à leur vue:Courage, leur dit-elle, on vient vous secourir;C’est maintenant, Français, qu’il faut vaincre oumourir.
D’Aumale , le premier, se leve à ces paroles ;
Il court, il voit de loin les lances espagnoles :
Le voilà, cria-t-il, le voilà ce secoursDemandé si long-temps, et différé toujours:
Amis, eufin l’Autriche a secouru la France.
Il dit: Mayenne alors vers les portes s’avance.
Le secours paraissait vers ces lieux révérésQu’aux tombes de nos rois la mort a consacrés.
Ce formidable amas d’armes étincelantes,
Cet or, ce fer brillant, ces lances éclatantes,
Ces casques, ces harnois, ce pompeux appareil,Défiaient dans les champs les rayons du soleil.
Tout Je peuple au-devant court en foule avec joie;Ils bénissent \é chef que Madrid leur envoie :
Cétait le jeune,Egmont, ce guerrier obstiné,
Ce fils ambitieux d’un pei*é infortuné :
Dans les mûrs‘âc'Rru^eîïe il a rèçu la vie ; '
Son peré, qu’aveugla Tâmour de la patrie,