LA HENRIADE.
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Du héros expirant la jeune et tendre amante,
Par la terreur conduite, incertaine, tremblante ,"Vient d’un pied chancelant sur ces funestes bords:Elle cherche; elle voit dans la foule des morts,
Elle voit son époux ; elle tombe éperdue ;
Le voile de la mort se répand sur sa vue:
Est-ce toi, cher amant? Ces mots interrompus,
Ces cris demi-formés ne sont point entendus ;
Elle rouvre les yeux ; sa bouche presse encorePar ses derniers baisers la bouche qu’elle adore :
Elle tient dans ses bras ce corps pâle et sanglant,
Le regarde, soupire, et meurt en l’embrassant.
Pere, époux malheureux, famille déplorable,
Des fureurs de ces temps exemple lamentable,Puisse de ce combat le souvenir affreuxExciter la pitié de nos derniers neveux,
Arracher à leurs yeux des larmes salutaires ,
Et qu’ils n’imitent point les crimes de leurs peresJMais qui fait fuir ainsi ces ligueurs dispersés?Quel héros, ou quel dieu les a tous renversés ?
C’est le jeune Biron ; c’est lui dont le courageParmi leurs bataillons s’était fait un passage.D’Aumale les voit fuir, et bouillant de courroux :Arrêtez, revenez... lâches, où courez-vous?
Vous, fuir! vous, compagnons de Mayenne et deGuise !
Vous qui devez venger Paris, Rome et l’église !Suivez-moi, rappelez votre antique vertu;Combattez sous d’Aumale , et vous avez vaincu.Aussitôt secouru de Beaureau, de Fosseuse,
Du farouche Saint-Paul, et même de Joyeuse,
Il rassemble avec eux ces bataillons épars >