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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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1 4 4 LA 1IENRIADE.

I)’une rage nouvelle embrase les ligueurs.

Elle vole à leur tète, et sa bouche fatalel'ait retentir au loin sa trompette infernale.

Par ces sons trop connus d’Aumale'est excité.Aussi prompt que le trait dans les airs ■emporté ,

II cherchait le héros ; sur lui seul il s’élance ;

Des ligueurs en tumulte une foule s’avance :

Tels, au foud des forêts, précipitant leurs pas,

Os animaux hardis, nourris pour les combats,Fiers esclaves de l’homme, et nés pour le carnage,Pressent un sanglier, en raniment la rage ;

Ignorant le danger, aveugles, furieux,

Le cor excite au loin leur instinct belliqueux ;

Les antres, les rochers , les monts en retentissent.Ainsi contre Bourbon mille ennemis s’unissent;

Il est seul contre tous , abandonné du sort,

Accablé par le nombre, entouré de la mort.

Louis, du haut des cieux, dans ce danger terrible ,Donne au héros qu’il aime une force invincible ;

Il est comme un rocher , qui, menaçant les airs,Rompt la course des vents et repousse les mers.

Qui pourrait exprimer le sang et le carnageDont l’Eure, en ce moment, vit couvrir son rivage JO vous, mânes sanglants du plus vaillant des roisEclairez, mon esprit, et parlez par ma voix.

Il voit voler vers lui sa noblesse fidele;

Elle meurt pour son roi, son roi combat pour elle.L’effroi le devaucait, la mort suivait ses coups ;Quand le fougueux Egmont s’offrit à son courroux.

Long-temps cet étranger, trompé par son courageAvait cherché le roi dans l’horreur du carnage:

Dut sa témérité le conduire au cercueil,