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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT VIII. U5

L’honneur de le combattre irritait son orgueil.

Viens,Bourbon, criait-il, viens augmenter ta gloireCombattons ; c’est à nous de fixer la victoire.

Comme il disait ces mots, un lumineux éclair,Messager des destins, fend les plaines de l’air :L’arbitre des combats fait gronder son tonnerre;

Le soldat sous ses pieds sentit trembler la terre.D’Egmont croit que les cieux lui doivent leur appui,Qu’ils défendent sa cause, et combattent pour lui;Que la nature entière, attentive à sa gloire,l»ar la voix du tonnerre annonçait sa victoire.D’Egmont joint le héros, il l’atteint vers le flauc;

H triomphait déjà d’avoir versé son sang.

Le roi, qu’il a blessé, voit son péril sans trouble ;Ainsi que le danger, son audace redouble :

Sou grand cœur s’applaudit d’avoir, au champ d’hon-neur ,

Trouvé des ennemis dignes de sa valeur.

Loin de le retarder, sa blessure l’irrite ;

Sur ce fier ennemi Bourbon se précipite :

D’Egmont d’un coup plus sûr est renversé soudain ;Le fer étincelant se plongea dans son sein.

Sous leurs pieds teints de sang les chevaux le foulè-rent;

Des ombres du trépas ses yeux s’enveloppèrent;

Et son ame en courroux s’envola chez les morts,

Où l’aspect de son pere excita ses remords.

Espagnols tant vantés, troupe jadis si fiere,

Sa mort anéantit votre vertu guerriere ;

Pour la première fois vous connûtes la peur.

L’étonnement, l’esprit de trouble et de terreuS’empare, en ce moment, de leur troupe alarmée;