i 7 0 LA HENRIADE.
Vivre pour l’outrager, pouvant mourir pour lui ?Quand Dieu du haut des cieux nous montre la cou-ronne ,
Chrétiens, n’attendons pas qu’au tyran nous par-donne :
Dans sa coupable secte il veut nous réunir :
De ses propres bienfaits songeons à le punir.
Sauvons nos temples saints de son culte hérétique. »C’est ainsi qu’ils parlaient ; et leur voix fanatique,Maîtresse du vil peuple, et redoutable aux rois,
Des bienfaits de Henri faisait taire la voix ;
Et déjà quelques uns , reprenant leur furie,S’accusaient en secret de lui devoir la vie.
A travers ces clameurs et ces cris odieux,
La vertu de Henri pénétra dans les cieux.
Louis, qui, du plus haut de la voûte divine,
Veille sur les Bourbons, dont il est l’origine .
Connut qu’enfin les temps allaient être accomplis,
Et que le roi des rois adopterait son fils.
Aussitôt de son cœur il chassa les alarmes :
La foi vint essuyer ses yeux mouillés de larmes;
Et la douce espérance, et l’amour paternel, *
Conduisirent ses pas aux pieds de l’Eternel.
Au milieu des clartés d'un feu pur et durable,
Dieu mit, avant les temps, son trône inébranlable.
Le ciel est sous ses pieds ; de mille astres divers <Le cours, toujours réglé, l’annonce à l’univers.
La puissance, l’amour, avec l’intelligence ,
Tînis et divisés composent son essence.
Ses saints, dans les douceurs d’uneéternelle paix, .D’un torrent de plaisirs enivrés h jamais, <
Pénétrés de sa gloire, et remplis de lui-même,