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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT X.

Adorent à l’envi sa majesté suprême.

Devant lui sont ces dieux, ces brûlants séraphins,

A qui de l’univers il commet les destins.

Il parle, et de la terre ils vont changer la face ;

Des puissances du siecle ils retranchent la race ;Tandis que les humains, vils jouets de l’erreur.

Des conseils éternels accusent la hauteur.

Ce sont eux dont la main, frappant Rome asservie,Aux fiers enfants du nord a livré l’Italie,

L’Espagne aux Africains, Solyme aux Ottomans :Tout empire est tombé, tout peuple eut ses tyrans.Mais cette impénétrable et juste providenceNe laisse pas toujours prospérer l’insolence ;Quelquefois sa bonté, favorable aux humains,

Met le sceptre des rois dans d’innocentes mains.

Le pere des Bourbons à ses yeux se présente,

Et lui parlé en ces mots d’une voix gémissante :

Tere de l’univers, si tes yeux quelquefoisHonorent d’un regard les peuples et les rois ,

Vois le peuple français à son prince rebelle ;

S’il viole tes lois, c’est pour t’être fidele :

Aveuglé par son zele, il te désobéit,

Et pense t^cnger, alors qu’il te trahit.

Vois ce roi triomphant-, ce foudre de la guerre,L’exemple, la terreur, et l’amour de la terre ;

Avec tant de vertus, n’as-tu formé son cœurQue pour l’abandonner aux piégés de l’erreur?Faut-il que de tes mains le plus parfait ouvrageA son Dieu qu’il adore offre un coupable hommage?Ah ! si du grand Henri ton culte est ignoré,

Par qui le roi des rois veut-il être adoré?

Daigne éclairer ce cœur, créé pour te connaître:

9 *