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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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I 9 u NOTES

femme catholique. Ils changèrent tous deux de religionpresque en même temps.

Jeanne d’Albret fut depuis huguenote opiniâtre ; maisAntoine chancela toujours dans sa catholicité, jusque-làmême qu’on douta dans quelle religion il mourut.Il portales armes contre les protestants qu’il aimait, et servitCatherine de Médicis qu’il détestait, et le parti desGuises qui l’opprimait.

Il songea à la régence après la mort de François II. Lareine-mere l’envoya chercher : « Je sais , lui dit-elle, que« vous prétendez au gouvernement; je veux que vous me« le cédiez tout-à-l’heure par un écrit de votre main, et« que vous vous engagiez à me remettre la régence si« les états vous la défèrent ». Antoine de Bourbon donnal’écrit que la reine lui demandait, et signa ainsi son dés-honneur. C’est à cette occasion que l'on fit ces vers, quej’ai lus dans les manuscrits de M. le premier président deMesmes :

, Marc-Antoine, qui pouvait êtreLe plus grand seigneur et le maîtreDe son pays, s’oublia tant,

Qu’il se contenta d’être AntoineServant lâchement une roine.

Le Navarrois en fait autant.

Après la fameuse conjuration d’Amboise un nombreinfini de gentilshommes vinrent offrir leurs services etleurs vies à Antoine de Navarre : il se mit à leur tête ;mais il les congédia .ientôt, en leur promettant de demander grâce pour eux. Songez seulement a l’obtenirpour vous, lui répondit un vieux capitaine, la nôtre estau bout de nos épées.

Il mourut à quarante-quatre ans, au même âge que leduc de Guise, d’un coup d’arquebuse ,reçu dans l’épaulegauche au siégé de Rouen où il commandait. Sa mortarriva le 17 novembre 1569., le trente-cinquieme jour desa blessure. L’incertitude qu’il avait eue pendant savièletroubla dans ses derniers moments ; et quoiqu’il eût reçu