DU CHANT II. iyi
les sacremeuts selon l’usage de l’église romaiue, on dou-ta s’il ne mourut point protestant. U avait reçu le coupmortel dans la tranchée dans le temps qu’il pissait. Aussilui fit-on cette épitaphe :
Ami Français, le prince ici gisantVécut sans gloire, et mourut en pissant.
Il j en a une dans M. le Laboureur qui ressemble àcelle-là et finit par le même hémistiche. M. Jurieu assureque lorsque Louis, prince de Coudé , était en prison àOrléans, le roi de Navarre son frere allait solliciter lecardinal de* Lorraine , et que celui-ci recevait assis etcouvert le roi de Navarre f qui lui parlait debout et nuetête : je ne sais où M. Jurieu a pu déterrer ce fait. ( Tiréde l'édition de 179.3.)
( Page 5 1, v. 1 3 . ) Condé, qui vit en moi....
Louis de Condé, rere d Antoine, roi de Navarre,le septième et dernier des enfants de Charles de Bourbon,duc de Vendôme ,fut un de ces hommes extraordinairesnés pour le malheur et peur la gloire de leur patrie. Ilfut long-temps le chef des réformés, et mourut, commel’on sait, à Jarnac. Il avait uu bras en écharpe le jourde la bataille. Comme il marchait aux ennemis, le che-val du comte de la Rochefoucauld, son bcau-frere, luidonna un coup de pied qui lui cassa la jambe. Ce prince,sans daigner se plaindre, s'adressa aux gentilshommesqui l’accompagnaient : Apprenez, leur dit-il, que les che-vaux fougueux nuisent plus qu’ils ne servent dans unearmée. Un instant après il leur dit: Avec un bras enécharpe et une jambe cassée, le prince de Condé ne craintpoint de donner la bataille puisque vous le suivez ; etchargea dans le moment.
Brantôme dit qu’après que le prince se fut rendu pri-sonnier à Uargence, dans cette bataille, un très honnêteet très brave gentilhomme, nommé Montesquiou, quiayant demandé qui c’était, comme on lui dit que c’étaitM. le prince de Coudé: Tuez, tuez, mordieu , dit-il, etlui tira un coup de pistolet dans la tète. Montesquiou