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Brirft an Bonfletten.
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, Ce 7 Janrier 178 i-
Ta lettre m’a fait plaisir, je n’étois passans inquiétude au Sujet du rhutne.
Pour moi, je suis mieux. Je vois bien, enquoi consiste le secret du bonheur et de lavertu, c’est à se rendre maître de soi-même.Je me refuse depuis une quinzaine de .joursbien des choses, peut-çtre indifférentes, seule-ment parceque je les désire naturellement beau-coup, uniquement pour m’habituer à cet em-pire. Quant aux plus importantes, à la tran-quillité de l’ame, la religion est pour moi duplus grand secours; il semble, qu’ainsi, qu'unpère sage ne donne pas la mème éducation àdes enfans de différons caractères, de mèmeune certaine manière, de voir les choses, estdonné à ceux, qui en ont plus besoin, qued’autres: cela est si vrai, que dussé-je resterseul de mon avis dans ce monde, cela ne meferoit rien, parceque je sens, combien monsentiment à cet égard contribue à mon bon-heur et à mes succès en toute chose. . . .Ces affaires m’ennuyent extrêmement ; maiscomme au lieu de les déplorer, il faut ychercher remède, je songe à quelque travailconsidérable, qui pour 4 ou 5 ans put mevaloir ce, dont j’ai besoin. Je suis las deressources, qui dépendent de la bienveillance 'd’autrui; j’ai honte d'en user encore. Deuxprojets m’occupent:
I/un est une traduction complète des œuvresde Rousseau; travail, qui me perfectionneroitbeaucoup dans la langue allemande. Mais j’i^-uore, si une pareille traduction n'existe déja.