Briefe an Bvnstetten.
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nousn’aurons pas toujours ees pommes de terreet ces choux, que j’aimois mieux, que tous lesragoûts de la B. : et après avoir achevé La-harpe, nous ne trouverons plus d’auteurs, pourremplir les vides de nos momens: et notreesprit s’éteindra et notre cœur se glacera. Celapeut-être, peut-être aussi, que le ciel tom-bera. Mais si tout cela n’avoit pas lieu, quefaudroit-il de plus pour notre bonheur, quedans ces dix jours. Cent louis par an pourdes petits voyages? Trente y suffìroient quel-quefois; et quand nous serons heureux, nousserons moins empressés de changer de place ;au bout du compte calculez ce que vous au-rez, et ce que je pourrai gagner; trouvez-vous, que ces cent louis seroient la pierrephilosophale? En ce cas, il seroit bon, qu’ilnous arrivât, comme aux chimistes, qui, encherchant cette pierre, ent trouvé ce qui lesempêche de la désirer beaucoup.
II n’est rien moins qu'irnpossible, que dansun ou deux ans je trouve quelque place agréable(au cas, que nous ne préférions pas de nousréunir à jamais); et vous aurez deux chez vous;seulement que notre bonheur ne dépende pasdes hommes. Je vois en tout cela, que vousdevez venir me voir, et nous causerons en-semble.
Mr. Tronchin a été malade d’un fort grosrhume; il a quelque velléité d’alier à Kice,mais je ne sais, s’il le fera. II fait le plusbeau tems du monde, venez donc, et que jef embrasse. Adieu, mon bon, mon tendre,mon unique ami. Et la réponse.