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Briefe an Bonsletten.
dant m'offrit un emploi plus analogue à mesgoûts, la direction générale de l’instructionpublique avec une place dans le conseil d’état.J'avois été trop agité pour vous écrire, ni àpersonne; il y avoit bien des motifs pour nepas écrire à qui j’étois accoutumé de dire tout.Cependant les lettres arrivoient par douzaines.Je fus quelques semaines à m’arranger, à me cal-mer un peu. Puis il fallût étudier les cinq uni.versités, les cinquante gymnases, les trois milleécoles primaires, leur organisation, leurs fonds,leurs rapports, le caractère et les besoins decent quarante professeurs, calmer des querel-les à Gœttingue, accompagner le roi jusqu’áHalle. Considérez, que tout sortait d’uneguerre, qui avoit épuisé. Pensez, que je n’é-tois pas îe maître absoIÛM«! que les étrangersn’avoient ni la même connoissance, ni les mê-mes vues par rapport à nos institutions alle-mandes; eníìn il y eût des choses, qui me firentsouvent une peine infinie. Ajoutez le dérange-ment de mon économie. Le voyage de France,le transport de ma bibliothèque de Berlin àTubingue, de Tubingue à Cassel (5000 lìor.),les habits de costume ct de cour (15000 fr.)Enfin la privation de tout ce, qui faisoit depuis
ct celui, qu’il concernoit. Quand l’cmpereur asu, que Müller avoit obtenu son congé, il écri-vit au roi de "Westphalie : „N’accordez jamais son„congé à cet homme ! vous ne savez pas, quel„trésor vous possédez ; tâchez plutôt de lui donner„une place plus analogue à ses goûts.“ Et Müllerfut fait ministre des sciences, charge dans laquelleil mourut. Note de P. B.