Briefe an Bonnet.
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enfin quand je songe à la peine, que j’ai eu dediscerner dans le cours des 10 dernières annéesde ma vie 2 ou 3 vrais amis, je redouble ladifficulté d’un nouveau choix dans un pays par.faitcínent étranger à mes anciens amis. Je mefie à la constance do ces derniers, au point queje regarde comme tout à fait impossible, qu'ilsme manquent jamais. Aussi supposé, que jen’accepte aucune des places, dont jusqu’à pré-sent on m’a parlé, mon plan est fait; je mefixerai a Genève, je donnerai mes leçons, jeles perfectionnerai chaque année, je profiteraid’une proposition, que Mr. Tronciiin m’avaitfaite, dont je vous ai parlé, je poursuivraimes plans d’études, je crois, que tout bienménagé je'pourrois épargner de quoi passer deteins à autre 3 mois dans quelque grande ville,pour y suppléer à ce que les auteurs ct lescorrespondances ne peuvent m’apprendre. Dites-moi franchement, mon cher Monsieur, si ceplan vous paroît raisonnable ; si vous l’approu-vez, ce sera pour moi un très puissant motifde lui donner la préférence. Je vous prie, sivous m’écrivez sur ce sujet, de me dire aussi,si nous ne pourrions pas au cas, que je re-vienne cet hiver à Genève, travailler à sédi-tion ou plutôt faire ensemble la lecture de lacorrespondance de ííaller. Si je prends l’unou l’autre parti, ce sera assurément pour tou-jours, je suis las des irrésolutions et je veuxme fixer; si je me détermine pour cette vieprivée et indépendante, dont je parle, c’cstqu’à mesure, que j'observe ceux, qui viventdans les affaires, je trouve plus juste la remar-que de Machiavel; ce n’est pas ceux, qui sontsur la montagne, qui voient le mieux la mon-