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»riefe an Donnet.
vivre avec M. Bonnet, qu’á la cour <ìu roi deDanemaris. Quant au duc de Brunswic je sa-vois très-bien qu’auprès du roi les recomman-dations font moins de bien , qu’elles ne fontde mal, et j’avois assez de preuves de la bien-veillance de Mgr. le prince de Prusse, pour êtrecertain, que s’il avoit pu faire quelque chose, iln'auroit point attendu l’intercession d’un autreprince. Mgr. n’a point de places à donner, ettout le monde sait, qu’il a encore moins d’ar-gent , étant celui de tous les sujets du roi, quise ressent le plus de son état de sujet. Pourvous dire le vrai, les muses durant le loisir deHalberstadt avoient repris leur ascendant natu-rel; elles me firent oublier bientôt res Romanasperituraque régna. De sorte que, décidé pourla vie littéraire, je pris la résolution de retour-ner á Genève; d’ailleurs je n’étois pas aussicontent de certains académiciens de Berlin quedes ministres du roi. Je partis de Halberstadtau commencement de mai; j’écrivis plus dotrente lettres pour instruire mes amis du lieude mon séjour futur; j’écrivis aus bureaux deposte, pour que mes lettres fussent adresséesà Genève; je p riois Mr. Goeldngh, célèbre poèteallemand et mon ami, de m’attendre à Franc-fort; je suppliois le duc de Brunswic de réser-ver ses intentions gracieuses pour des occasionsplus favorables. Ainsi je partis voyageant parla poste extraordinaire et à grandes journées,de sorte que même Gcettingue, mon frère, q»sy est, et mes anciens amis ne purent pas meretenir pendant plus de deux jours. J’arrive áCassel. Je désire d’ètre présenté à Mr. deSchliessen. A peine l’eus-je vu, que je ne puspas me résoudre à le quitter. J’entre au scr-