Briefe an Bonnet.
assez fertile, pour nourrir de grandes armées.Peu après la folie d’Antiochus rendit la nationcélèbre par sa résistance et la sauva derechefdu danger, de se confondre avec les peuplesidolâtres. Elle étoit dans cet état, lorsque lesarmes de Pompée pénétrèrent dans l’Orient.L’établissement de la monarchie universelleparût l’anéantissement de toutes les espérances.Au moment, oú les esprits s’occupèrent decette réflexion, parfit le roi dos rois. Mariusct Scylla, Pompée et César, les proscriptions,les, horreurs des triumvirats, les crimes d'Oc-tave n’avoient fait que frayer la route à sesmissionnaires. Car il en étoit teins; le genrehumain avoit mûri pour la doctrine de la vie;en même tems , que le despotisme éteignaittoutes les antiques vertus, il fallut (pour quela terre valut la peine d’ctre conservée) quedieu séparât les élus de la foule, qui se pré-cipitait vers une ruine certaine. L’Ëglise nac-quit parmi le peuple, dans la classe d’hommes,qui avaient le moins généralement participéà cette corruption, qui énervait les aines ctdétendait tous leurs ressorts. L’ennemi dugenre humain arma Néron: sa persécution futsalutaire comme toutes les épreuves le sont.Et si la foi de quelques-uns pouvoit chance-ler, le désastre de Jérusalem, cette effroyablerejection d’un instrument devenu inutile, dûtles rappeler â eux-mêmes. Je m’arrète, car jeserais un livre; mais je ne puis m’empêchcrde faire encore deux remarques :
1. L’Empire romain périt comme le raondantédiluvien, lorsque cette masse corrompuedevint indigne de la protection divine. Maisle père éternel ne voulant pas abandonner le