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Briefe a» Bonnet-
où vous êtes: cependant lorsque je considèrel'expèrience, que j’ai faite d’unc foule de chosesde ce monde, la connoissance, que j’ai acquisedes hommes ct de moi-même, l’utilitc, dontles écarts même de la jeunesse m'ont été parl’évènement, je croirois, qu’ilafallu, que pourquelque tems au moins je fusse éloigné de mesamis et seul au milieu du monde. Si j’avois áchoisir tout-à-fait librement, je rejciudroisau plutôt mes amis, j’acheverois fourrage, queje dois á ma patrie , je prépareroîs auprès devous celui, que vous savez., nous reprendrionsles lectures de nos soirées, et en vivant commeje fais, quelques cours de leçons, l’hist. de laSuisse, les lettres de Mr. de Ilaller (si vousvouliez, les faire imprimer par mes soins) etc.suffiroient amplement à mes besoins. Mais def autre côté, je voudrois avant de revoir mesamis, leur prouver ultérieurement, que je suisdigne d’cux, et cette unique considération m’en-gage à chercher, s’il y a moyen de me placeravantageusement encore pour quelques annéesdans un autre pays. 3’ai là-dessus différentesidées. Dieu, qui a toujours veillé sur moi,saura me conduire encore dans cette occur-rence. Mais voilà la probabilité et au con-traire ('invraisemblance, qu’il y a, que je puisserevoir encore cette année mes amis de Genthod,que j’aime mieux, que jamais.
'Veuillez, ne m’oublier jamais, et vous sou-venir aussi de la promesse dans 8. Maltli. 18,19.Je serois certainement très-fâché, que vousm’éerivissiez aux dépens do votre santé ou dovos importans travaux : mais il est certain quede savoir, que vous vous portez bien, queMad. Bonnet n’est pas plus malade, qu’à l’ordi-
nairc,