Priese an Bonnet.
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on va dire, que le christianisme prêche le des-potisme!' II faudroit écrire l’esprit des lois del’évangile.
Autre considération. Tous les objets de nosdésirs sensuels n’étant que passagers, il est horsde doute, que nous les devons sacrifier à notreobjet principal c. á. d. au soin de suivre l’exem-ple de celui-même, qui nous a appris cettevérité. L’esprit de sa vie et de sa mort est des’ètre oublié lui-même, pour ne vivre ct mou-rir, que pour nous. Est-il possible après celade reprocher à sa doctrine, quelle n’inspirepas les vertus de la vie publique, qu’il n’y arien d’héroïque, rien de généreux dans sonprincipe! (lui a jamais mieux aimé ses amis,que celui, qui est mort pour eux!
Je finis, mais c’est à regret. Je continuecette étude des sources de l’histoire, qui m’ap-prend tout cela: j en suis encore à Cicéron.Car j'ai passé quelques semaines dans une lan-gueur, qui me rendoit incapable de tout travail,et que je ne puis attribuer qu’á l’ennui d’ètredepuis plus de deux ans éloigné de mes meil-leurs amis. J’ai quelque dessein de venir vousvoir en automne: ce seroit en compagnie avecvotre neveu, qui aura 2 ou 3 mois de semestre.Si je n’en parle pas avec plus d’assurance, c’estque cela dépend de quelques autres plans: ilstendent tous à quitter le pays, où je suis, prin-cipalement pareeque le Landgrave ne me donnepas assez pour y vivre, sans m’cndetter: or, ilseroit imprudent, de manger ici mon patri-moine. J’ai donc fait plusieurs plans d’établis-sement pour l’avenir, et j’cn suis encore auchoix. II auroit mieux valu, ce semble, resteroù j’étois au commencement de 1780 c. à. d. là,