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Johannes von Müller Briefe.
le lac cle Zuric) il l’est. Bien des campagnessont en friche; il y cn a qui depuis des sièclesont été abandonnées. Plusieurs villages ontdisparus; des bourgs, des petites villes sontdevenus des hameaux, on en voit les ruines par-tout. Notre peuple est pauvre, donc il seraitindustrieux et les fabriques prospéreraient sila vile oisiveté ne se réfugiait sous les tentes etne se cachait sous l’uniforme. Pourquoi Schaf,bouse et Lucerne ne font elles pas le commercecomme Genève, dont la fleuve n’est pas navi-gable? D’autres villes commercent peut-être,elles commerceraient avec bien plus d’éclat etde succès, si plus de bras travaillaient dansleurs fabriques. N’est il pas singulier de voirdes villes , fondées et augmentées sous les Habs-bourg , arrêtées dans leur accroissement depuis500 ans ? Les franchises, dont nos pères jouis-saient en France, étaient quelque dédommage-ment. Quel dédommagement nous reste-1-ilpour la perte de notre peuple et pour la déca-dence de notre commerce, depuis qu’on nousa privés de ces avantages? II faut être pen-sionné pour ne pas voir, que nous sommes lesdupes.
Puis on viendra nous dire, que l’alliancemaintient la paix parmi nous. Ceux qui con-naissent notre histoire, savent, que nos guer-res civiles ont été plutôt l’effet des intrigues desétrangers que de la bigoterie. Sans parler desanciennes guerres, que n’a pas fait l’ambassa-deur de la Barde en 1653 pour étouffer la ré-volté de nos paysans ? Non seulement il nous aréfuté 200 hommes de cavalerie et 50,000 écus,que nous voulions emprunter, il a fait pis, ila fomenté la discorde. Lorsque le sénat de