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DE L’ÉTAT DE LA POÉSIE EN FRANCE
portera d’admiration : on s’extasiera sur un quoiqu'ondie 1 ; une expression bourgeoise révoltera ; la pédan-terie des bons airs s’unira à celle du bel esprit ; le motde bel-esprit lui-même 2 deviendra la qualification,d’abord honorable, ensuite ridicule, attachée à la réu-nion de là recherche de l’esprit et de la recherche desmanières; et ainsi s’expliquera sans peine l’existence decet hôtel de Rambouillet, où les prétentions de l'élé-
Au siècle des vieux palardins,
Soit courtisans, soit citardins,
Femmes de cour ou citardinesPrononçoient toujours muscardins,
Et balardins et balardines,
Mesmes l’on dit qu’en ce tems-làChacun disoit : rose muscarde :
J’en diroisbien plus sur cela;
Mais par ma foy je suis malarde,
Et même en ce moment voilàQue l’on m’apporte une panarde.
( Hist . de VÀcaâ. franç ., par Pélisson, p. 270.)
1 Molière, Femmes savantes.
4 Le bel esprit est un titre fort beau,
Quand on aime à courir de ruelle en ruelle ;
Mais ce n’est point le fait d’une sage cervelleDe chercher à briller sur un terme nouveau.
Un bel esprit, si j’en sais bien juger,
Est un diseur de bagatelles...
0 ciel ! diront les précieuses,
Peut-on se déchaîner contre le bel esprit ?
(OEuvres de Saint-Èvremond y t. IX, parmi les piècesqui lui sont attribuées sans certitude positive.)