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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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AVANT CORNEILLE.

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gance la plus raffinée venaient se confondre avec cellesde l’esprit le plus distingué, et dont l’autorité s’estétendue presque sur toute la première moitié du dix-septième siècle

1 « La célèbre Arténice, comme l’appelle Pélisson, dont le cabinetétoit toujours remply de tout ce qu’il y avoit de plus beaux esprits etdeplushonnestesgensàlacour » (Ilisl. de l’Acad., p. 464), était cettemême marquise de Rambouillet dont le vieux Malherbe s’était im-posé l’obligation d’être amoureux, bien sûr, au reste, de ne rienrisquer avec une femme dont la vertu était déjà aussi connue queson esprit. Ce choix désintéressé du premier poëte qu’eut alors laFrance peut faire regarder, dès cette époque, la marquise de Ram-bouillet comme la plus distinguée des femmes qui accueillaient lesbeaux esprits. Le temps brillant de l’hôtel de Rambouillet fut celuide Voiture, qui mourut en 1648. Si c’est plus tard qu’on s’est plaintet des jugements de l’hôtel de Rambouillet et du genre d’esprit quiy régnait, c’est que tant qu’il a été dans l’esprit du temps, il n’a pasparu ridicule. Quand Saint-Évremond nous assure dans ses vers (t. III,p. 294), que du temps de la bonne régence, qui est celle d’Anne d’Au-triche,

Femmes savoient sans faire les savantes ;

Molière en vain eût cherché dans la coûtSes ridicules affectées,

c’est qu’il parle, dans sa vieillesse, du temps de sa jeunesse : celadevient indubitable quand il ajoute qu’alors

. . . ses Fascheux n’auroient pas vu le jour,

Faute d’objets à fournir les idées ;

et qu’on n’eût pu trouver

Dans le plaisant rien d’outré ni de faux.

Le temps dont Saint-Évremond parle ainsi était le temps deScarron et du burlesque. Ce ne sont pas les jugements contempo-rains qu’il faut consulter pour lés datés de goût.