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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

tu

convaincre qu’il fut peu redevable à ce sentiment, ilsuffît de lire ce que, dans un moment d’humeur, il ditailleurs de son premier amour :

Soleils, flambeaux, attraits, appas,

Pleurs, désespoirs, tourments, trépas,

Tout ce petit meuble de boucheDont un amoureux s’escarmouche,

.le savois bien m’en escrimer;

Par là je m’appris à rimer.

Ce n’était là, en effet, qu’apprendre à rimer, et rimerétait bien peu de chose pour Corneille. Mais, si l'on encroit Fontenelle, ce n’est pas là tout ce que lui appritl’amour: « Hardy commençoit à être vieux, et bientôt« sa mort auroit fait une grande brèche au théâtre,« lorsqu’un petit événement, arrivé dans une maison« bourgeoise d’une ville de province, lui donna un« illustre successeur. Un jeune homme mène un de ses« amis chez une fille dont il étoit amoureux; le nou-er veau venu s’établit sur les ruines de son introducteur;« le plaisir que lui fait cette aventure le rend poète ;« il en fait une comédie, et voilà le grand Corneille *. »

• Fontenelle, Histoire du Ttiéâtre français, p. 78, 79. Tel est, eneffet, le sujet de Melile, sa première pièce. Cependant cette anec-dote paraît contredite par une note de VExcuse a Ariste, où l’onnous apprend que ces beaux yeux qui charmèrent Corneille étaientceux de M mo de Pont, femme d’un maître des comptes de Rouen,« qu’il avoit connue toute petite fille pendant qu’il étudioit à Rouen* au collège des Jésuites. »