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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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Voilà du moins d’où le grand Corneille est parti; maisrien, dans ce point de départ, ne fait pressentir sa gloire.

Elle eut mes premiers vers, elle eut mes premiers feux,

dit encore Corneille ; et il répète, en plusieurs endroits de la mêmepièce, que ce fut cet amour qui lui apprit à rimer, et que le goût desa maîtresse pour les vers,

Le fît devenir poète aussitôt qu’amoureux.

Il ajoute ensuite :

Je ne vois rien d’aimable après l’avoir aimée;

Aussi n’aimai-je plus, et nul objet vainqueur

N’a possédé depuis ma veine ni mon cœur.

Ces vers ont été faits en 1635 ou 1636; ainsi l’objet de celte uniquepassion qui a occupé les dix ou onze premières années de Corneille,et lui a inspiré ses premiers vers, est nécessairement sa Mélite, siMélite a jamais existé. Mais comment accorder cette ancienne liaisonentre Corneille, encore écolier, et M'»e de Pont, encore toute petitelille, avec la manière dont Fontenelle introduit chez Mélite Corneilledéjà avocat ? (Voyez la Vie de Corneille, par Fontenelle, t. III de sesOCuvres, p. 81.)Ilestégalemenl difficile d’accorder, avec ces diversescirconstances, la date de l’année 1623, indiquée par Fontenellecomme celle de la représentation de Mélite. Corneille, né en 1606,n’aurait eu alors que dix-neuf ans ; ses études devaient être à peineachevées ; il était difficile qu’avant de composer sa pièce, il eût, ainsique nous l’assure Fontenelle, paru'déjà au barreau, quoique sanssuccès. D’autres ouvrages donnent la date de 1629. Fontenelle, quiécrivait soixante-dix ans après cette époque (vers 1700), Fontenelle,né cinquante ans après son oncle (en 1656), pouvait n’avoir trouvéque des traditions confuses et effacées dans une famille pour quiles anecdotes littéraires de la vie de Corneille avaient probablementété d’abord moins intéressantes qu’elles ne le furent depuis pour un

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