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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

l’action. Kraste, furieux contre Tircis, qui l’a supplantéauprès de sa maîtresse, écrit, au nom de cette maî-tresse, des lettres d’amour à Philandre, amoureux dela sœur de Tircis. La vanité de Philandre ne lui per-met, ni de douter de sa bonne fortune, ni d’y résister,ni de s’en cacher ; voilà l’intrigue qui brouille lesquatre amants, sans qu’aucun d’eux ait cherché à seprocurer la moindre explication. Tircis et Mélite, leshéros de la pièce, sont prêts à mourir de douleur, sansse demander pourquoi. Éraste les croit morts, leremords le prend, il en devient fou. Dans sa folie, ils’imagine descendre au Tartare pour les chercher,décidé, si Pluton ne les lui rend pas, à enlever Proser-pine. Il saute sur les épaules d’un voisin, qu’il prendpour Caron, et qu’il assomme de coups pour le forcer àlui donner passage dans sa nacelle. Il rencontre ensuitePhilandre, qu’il prend pour Minos, et à qui sa confessionapprend comment il s’est moqué de lui. Voilà le genrede comique que Corneille, « en le condamnant en sonâme 1 , » employait comme « un ornement de théâtre« qui ne manquoit jamais de plaire, et se faisoit sou-« vent admirer *. » Mélite, à qui Tircis parle de l’amourquelle inspire, lui répond :

•le ne reçois d’amour et n’en donne à personne ;

Le moyeu de donner ce que je n’eus jamais ?

» Examen de Mélite.s Hnd.