CORNEILLE.
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Elle veut, au lieu de cela, « prêter à Éraste les froi-« deurs » de son âme; mais les froideurs ne peuventsubsister à sa vue :
Et vous n’en conservez que faute rie vous voir ?
répond galamment Éraste; à quoi Mélite, qui ne veutpas demeurer en reste, repart sur-le-champ :
Eli quoi ! tous les miroirs ont-ils de fausses glaces !
C'était là « le style naïf qui faisoit une peinture de la« conversation des honnêtes gens*; » c’était par de telsmoyens que la comédie obtenait, pour la première fois,l’honneur de faire rire « sans personnages ridicules,« tels que les valets bouffons, les capitans, les doc-« teurs, et simplement par l’humeur enjouée de« gens d’une condition au-dessus de ceux qu’on voita dans les comédies de Plaute et de Térence » Dureste, quant aux caractères, Tircis serait à la placed’Éraste, Éraste à la place de Tircis, qu’on ne s’aperce-vrait pas de la différence. Un amant léger et un peupoltron, placé là pour faire ressortir le héros de lapièce, une jeune fille indifférente et gaie, opposée à lasensible Mélite, forment les traits les plus saillants decette comédie, dont le « genre sans exemple dans
1 Examen de Mélite.
3 Ibid.