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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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ne peut être regardée comme une indécence sur unthéâtre où l’on voyait une femme recevoir son amantdans son lit, en lui recommandant seulement d’êtresage. Il est vrai qu’après cette recommandation onavait soin de baisser la toile. Si l’usage du temps avaitentraîné Corneille, dans Clitandre, à une scène un peulibre, et dans Milite, à quelques plaisanteries un peuvives, elles tenaient si peu au fond du sujet qu’à l'im-pression il les retrancha sans peine, et depuis il n’eutplus rien à retrancher. 11 avait composé aussi, dans sapremière jeunesse, quelques poésies un peu gaies, quin’ont jamais été insérées dans ses œuvres. Et en mêmetemps qu’il bannissait du théâtre ces manifestationsétranges d’un amour illégitime ou peu contenu, il com-mençait à ramener, dans le langage de l’amour honnête,un peu plus de vérité, et à le séparer du jargon de lagalanterie. Dans la Veuve, une mère, s’informant desprogrès que fait sa fille dans le cœur d’un jeune hommequ’elle veut lui faire épouser, s’inquiète du ton de sesdéclarations, qui mettent à contribution tous les dieuxde l’Olympe :

Ses yeux, à son avis, sont autant de soleils,L’enflure de son sein un double petit monde :C’est le seul ornement de la machine ronde.L’Amour à ses regards allume son flambeau,Et souvent pour la voir il ôte son bandeau.Diane n’eut jamais une si belle taille ;