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CORNEILLE.
vérité; en accepter soi-même l’empire est le second, etle plus difficile.
Corneille faisait, dans la conduite de ses pièces, unprogrès plus sûr et plus rapide. L’intrigue, disposéeavec plus de soin et d'adresse, devient attachante pourla curiosité ; les personnages se présentent avec unephysionomie marquée et qui les distingue les uns desautres. A la vérité, ces traits distinctifs tiennent plutôtà des bizarreries de l’imagination qu’à des disposi-tions naturelles et à des variétés réelles de caractère.C’est un Alidor qui veut quitter sa maîtresse parceque, trop parfaite et trop tendre, elle ne lui donneaucun sujet de plainte qui puisse l’aider à s’en détacher,et parce qu’il l’aime trop pour demeurer, près d’elle,maître de sa liberté. C’est une Célidie 1 qui se prendsubitement de goût pour un nouveau venu, et qui,pour obéir à ce goût, s’excite elle-même à bannir lesentiment qui lui parle en faveur d’un amant fidèle, età qui elle s’est promise. Ces divers caprices sont rendusquelquefois avec une sorte de vivacité qui en déguiseun peu le ridicule. L’esprit augmente tous les jourschez Corneille, mais il. n’a pas encore trouvé le légi-time et grand emploi de ses forces croissantes ; au lieude s’attacher à l’observation de la nature, source iné-puisable, il se consume en efforts pour faire valoir le
1 La Galerie d,n Palais.