CORNEILLE.
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de l’obscurité à laquelle est vouée sa vie; il a acquis,par sa renommée littéraire, une importance publique ;dès lors cette renommée devient pour lui un objet dedevoir; c’est dans ses ouvrages qu’il se respecte; là s’at-tache, non-seulement l’honneur de son génie, maiscelui de son caractère; il croirait s’avilir s’il ne recon-naissait pas leur mérite avec la franchise et la hauteurd’un homme chargé de les défendre, et s’il consentait àse mettre au-dessous du rang où ils l’ont placé. « 11 n’a« pas tenu à vous, dit-il à Scudéry, que, du premier« lieu où beaucoup d’honnêtes gens me placent, je ne« sois descendu au-dessous de Claveret.... Certes, on« me blâmeroit avec justice si je vous voulois mal pour« une chose qui a été l’accomplissement de ma gloire,« et dont le Cid a reçu cet avantage que, de tant de« poèmes qui ont paru jusqu’à présent, il a été le seul« dont l’éclat ait obligé l’envie à prendre la plume *. »
Cependant, même quand il se défend si fièrement,Corneille ne sort pas, sur ce qui regarde l’homme etnon le poète, des idées et des habitudes ordinaires de saconduite. Il y a évidemment pour lui deux espècesd’honneur bien distinctes, qu’il lui paraît d’autant plusridicule de confondre que l’une des deux n’est pas àson usage. L’homme qui, dans le Cid, avait porté si hautles devoirs que l’honneur impose aux braves *, ne se
» Réponse aux Observations de Scudéry.
2 On avait été obligé de retrancher comme dangereux, dans un