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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

nature des hommages que rendra Corneille, le degréde la récompense qu’il en aura reçue, et l’excès de seséloges ne prouvera jamais que l’excès de sa reconnais-sance. Rien, dans ces éloges, ne paraît répugner en luià des sentiments qu’il n’a pas élevés au-dessus de sa si-tuation; il n’est, dans la plupart de ses actions, que cequ’a voulu la fortune.

« Laissez-le s’élever par la composition ; il n’est pas« au-dessous d’Auguste, de Pompée, de Nicomède,« d’Héraclius; il est roi, et un grand roi; il est poli-« tique; il est philosophe 1 . » lia passé dans une sphèrenouvelle; un autre horizon s’est ouvert devant lui; ilest sorti de cette situation étroite qui enchaînait sonimagination aux intérêts d’une fortune inférieure à sesfacultés ; il a compris tout ce que devaient imposer àdes âmes généreuses une existence importante, unedestinée élevée,la possibilité et l’espérance de la gloire;et c’est avec toute la force de la conviction qu’il a tracéà ses héros des devoirs qu’on ne l’avait pas accoutuméà attacher à l’humble existence sociale de Pierre Cor-neille 2 .

Cependant, il est un point sur lequel cette existencel’élève au-dessus du vulgaire ; ses ouvrages sont sortis

1 Caractères de La Bruyère, T. IL p. 84.

a « Il prête à ses vieux héros tout ce qu’il a de noble dans Lima-ce gination; et vous diriez qu’il se défend l’usage de son propre« bien, comme s’il n’était pas digne de s’en servir» (Œuvres deSaint-Evremond, T. III, p. 246.)