CORNEILLE.
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posante et la raison courageuse d’un père, vient déter-miner le moment fatal; et ce moment est si grand que,quelle que soit la manière dont il s’annonce, elle nenous fera rien sentir que de grand.
Mais cet ébranlement, suscité en nous par des beautéssi hautes, déguise quelquefois des défauts réelsqu’aprèsun examen plus calme il est impossible de ne pas aper-cevoir. Nicomède nous fait supporter Prusias, et la jac-tance même de ce caractère singulier se perd dans lesentiment de hauteur où nous a élevés son courage.Au milieu de cette chaleur d’admiration qu’entre-tiennent dans notre âme Polyeucte, Sévère et Pauline,la bassesse de Félix n’est plus qu’un léger nuage quidisparaît avant d’avoir pu nous refroidir; les déclama-tions de Cornélie ne sauraient arrêter tout-à-coup lemouvement qu’ont excité la beauté de sa douleur etcette entrée si remarquable :
César, prends garde à toi.
Si le personnage cesse de nous soutenir, notre affec-tion s’attache au poète pour le défendre contre notrejugement : une part de l’admiration que nous ontinspirée les héros de Corneille, s’est portée sur Corneillelui-même; son nom seul nous émeut par de puissantssouvenirs; une sorte de passion l’environne d’un voilede respect et d’amour que la raison même ne percequ’avec répugnance : cette passion combattit longtempsen sa faveur la gloire de Racine; il semblait qu’on