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CORNEILLE.
craignît de se distraire du genre d’impressions dontCorneille avait su remplir les âmes; et la longue in-justice de ses partisans, blessés qu’une jouissance nou-velle vînt troubler « ces vieilles admirations » aux-quelles ils aimaient à se livrer, a prouvé que l’admi-ration est un des sentiments dont les hommes con-sentent le plus difficilement à perdre quelque chose.
C’est aussi le sentiment qui se lasse le moins : commenous le recevons sans effort, nous l’éprouvons sansfatigue ; une suite prolongée de scènes pathétiques nousdonnera le besoin du repos plus tôt qu’une successionde tableaux élevés dont chacun, en portant notre âmeà une plus grande hauteur, nous rend plus dignes decelui qui va suivre. Mais les actions capables d’exciternotre admiration sont, pat leur nature même, peupropres à fournir des scènes dramatiques très-prolon-gées : c’est d’ordinaire le triomphe de la force surmon-tant les obstacles qu’opposent, à l’accomplissement d’undevoir important ou d’un grand dessein,l’intérêt person-nel, les passions ou les penchants : or, la force ne donnequ’un coup et terrasse son ennemi ; la résistance de cetennemi peut seule produire le mouvement nécessaireà la durée de l’action ; plus de combats de passions etun peu plus de faiblesse auraient rendu les héros deCorneille plus constamment vrais et dramatiques : leurvertu même, qu’on peut souvent regarder comme leprincipal personnage de la pièce, nous eût intéressés