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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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par les caprices de sa vanité : on ne s’étonnera plus devoir, dans Suréna, Eurydice conduire son amant à lamort par son opiniâtreté à vouloir que cet amant, quine peut êlre à elle, ne se marie que par son choix : « Jeveux, dit elle,

. . . Malgré voire roi

Disposer d’une main qui ne peut être à moi. . .

Je veux que ce grand choix soit mon dernier ouvrage,Qu’il tienne lieu vers moi d’un éternel hommage ,Que mon ordre le règle, et qu’on nie voye enfinReine de votre cœur et de votre destin >.

La même fantaisie pourra aider Bérénice à se consolerde la perte de Titus :

Je veux donner le bien que je n’ose garder ;

Je veux du moins, je veux ôter à ma rivale,

Ce miracle vivant, celte âme sans égale.

Qu’en dépit des Romains, leur digne souverain,S’il prend une moitié, la prenne de ma main ;Et pour tout dire enfin, je veux que BéréniceAit une créature en leur impératrice i 2 3 .

La Sophonisbe do Corneille, dont Saint-Évremond n’at-tribue le mauvais succès qu’à la trop grande perfec-tion avec laquelle Corneille a su lui conserver « son« véritable caractère 5 », cette fille d’Asdrubal, au

i Suréna, acte I, scène 111.

s Tite et Bérénice, acte IV, scène R®.

3 ■i Corneille, qui presque seul a le bon goût de l’antiquité, a eu