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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

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quel 1 ; cotte épître était un remercîment au sur-intendant: nous ignorons quel était le bienfait; maisce bienfait était un souvenir, et réparait, à ce qu’onpeut croire, une longue négligence. Ranimé par cettepreuve d’estime, Corneille ne demandait plus qu’à serengager dans la carrière : « non moins surintendant,« comme il le dit lui-même, des belles-lettres que des« finances’, » Fouquet lui proposa trois sujets de tra-gédie ; Corneille fit son choix, et, en 1659, parut OEdipe.Mais ce n’était pas aux beautés simples de l’antiquitégrecque qu'il appartenait de réveiller un génie quiavait graftdi et conquis sa gloire dans les idées et letour d’esprit du dix-septième siècle; Corneille se féli-cita d’avoir introduit, dans le terrible sujet d’OFdipe,« l’heureux épisode des amours de Thésée et de Dircé,»auquel il a rapporté tout l’intérêt du drame : « Cela« m’a fait perdre, dit-il, l’avantage que je m’étois pro-« mis, de n’être souvent que le traducteur de ces« grands hommes qui m’ont précédé. Comme j’ai pris« une autre route que la leur, il m’a été impossible de« me rencontrer avec eux.» 11 eut, dit-il, l’honneur« de faire avouer à la plupart de ses auditeurs qu’il« n’avoit fait aucune pièce de théâtre où se trouvât« tant d’art que dans celle-ci 3 . » Cet art malheureux,

• Placée à la tête d 'OEdipe.

a Voir les Éclaircissements et Pièces historiques, a» i u.

* Voyez la Préface ù'OEdipe.