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CORNEILLE.
aujourd’hui oublié, fut alors couronné du succès ; dumoins OEdipe ne tomba point devant le public, et lacour qui ne cherchait probablement qu’à se parer, enla récompensant, d’une gloire trop longtemps négli-gée, prouva à Corneille sa satisfaction par de nou-veaux bienfaits*. En 1661, il fit, pour le mariage deLouis XIV, la Toison d’or, pièce à machines, espèced’opéra précédé d’un prologue où la paix qui venait dese faire lui permit quelques beaux vers sur les mal-heurs de la guerre. En 1662, l’admirable scène de Ser-torins put ranimer un moment les espérances despartisans de Corneille; ce fut, dit-on, en entendant cesvers de Sertoriusà Pompée :
Si dans l’occasion je ménage un peu mieuxL’assiette du pays et la faveur des lieux 2 ;
que Turenne s’écria : « Où donc Corneille a-t-il appris« l’art de la guerre?» Enl663, Sophonisbe échoua devantle souvenir de celle de Mairet, et ce ne fut pas, commele prétendait Saint-Évremond, parce qu’en poignantSophonisbe infidèle à un vieux mari pour un jeuneamant, Mairet avait rencontré « le goût des femmes et« des gens de la cour s . » Othon, en 1664, offrit quatrevers qui sont restés célèbres et quelques traces de cette
' Voyez la Préface d’OEdipe.
2 Acte III, scène 11.
s OEuvres de Saint-Évremond, t. III, p. 141, Dissertation surl'Alexandre de Racine.