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SCARRON (PAUL).
sur l'origine des étranges infirmités qui paraissentl’avoir accablé tout à coup et pour toute sa vie. Scarronlui-même les traite de mal inconnu*. Voici, sur cesujet, le conte rapporté par La Beaumelle, et répétépar tous les compilateurs d’anecdotes. « Il étoit allé« passer le carnaval à son canonicat(du Mans). Au Mans,
« comme dans la plupart des villes de province, le« carnaval finit par des mascarades publiques qui res-« semblent assez à nos foires de Bezons. L’abbé Scarron« voulut en être; mais sous quel déguisement s’enve-« lopper? Il avoit à sauver à la fois la singularité de« son caractère et la décence de son état, l’église et le« burlesque. Il s’enduit de miel toutes les parties du« corps, ouvre un lit de plumes, s’y jette et s’y retourne« jusqu’à ce que le sauvage soit bien empenné. Il va« courir la foire et attire toute l’attention. Les femmes« l’entourent; les unes s’enfuient, les autres le déplu-*
1 Mal dangereux puisqu’il est inconnu.
C’est ainsi, du moins, que se trouve ce vers dans l’édition d'Am-sterdam. Celle de 1737, que nous suivons ordinairement, le donneainsi :
Mal dangereux puisqu’il est si connu.
(Requête au Card. de Rich., t. VIII, p. 54.)
Ce qui est évidemment contraire h la raison, ainsi qu’au sens desdeux vers suivants sur la pauvreté,
lit chose autant dangereuse tenue
Quoiqu'elle soit, mieux que mon mal, connue.
(Ibid.)