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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL). 431

affaires, et augmenter, dit-on, le nombre des amis dela maison 1 .

« ...., façon de marcher qu’elle a retenue de son père , que Fran-« çoise Scarron, qui est plus propre et plus délicate, n’a pas le« moyen d’aller en chaise, et gâte quantité de beaux souliers. »(Voyez le factum.)

i 11 disait de ses deux sœurs que « l’une aimoit le vin et l’autre leshommes. » U disait aussi que dans la rue des Douze-Portes, où il logeait,il y avait douze coureuses, à ne prendre ses deux sœurs que pour une.L’une d’elles, Françoise, était fort belle et avait pour amant le ducde Trêmes, qui l’aima et l’entretint, à cequ’il parait, fort longtemps,et en eut un fils, que Scarron appelait son neveu. Quand on luidemandait d’où lui venait ce neveu, il répondait que c’élait un neveuà la mode du Marais. (Segraisiana , p. 88 et 157.) Segrais nous dit, àcette occasion, que ses sœurs n’étaient pas mariées. Mais alors pour-quoi, dans son factum, qualifie-t-il Anne Scarron de pauvre veuve ?(Voyez le factum.) Et si elle était veuve, pourquoi l’appelle-t-il deson nom de fille ? Il y parle aussi, comme on l’a pu voir, de FrançoiseScarron, mal payée de son locataire. On lie nous a pas dit que lesenfants du premier lit de Paul Scarron eussent alors des propriétésà louer. Ce locataire était-il le duc de Trêmes ? La chose ne seraitpas impossible à croire de Scarron et de son temps. Il se brouilladepuis avec l’une de ses sœurs ou toutes les deux. On trouve dansses œuvres une épître dédicatoire adressée a très-honnête et très-divertissante chiennne, dame Guillemette, petite levrette de ma sœur.(T. I, 2 e part.) Ménage prétend que, lors de cette brouillerie, Scar-ron, faisant réimprimer ses œuvres, mit dans l 'errata, au lieu dechienne de ma sœur, lisez ma chienne de sœur. (Voyez le Menagiana,t. III, p. 66.) Ce sera probablement une plaisanterie de Scarron queMénage aura convertie en fait; il suffit de jeter un coup d’œil sur cetitre pour se convaincre que l’errata rapporté par Ménage ne peutavoir eu lieu. Il n’est rien, au reste, dont on doive se méfier davantageque de ce qu’on a écrit sur Scarron. Je ne parle pas seulement de LaBeaumelle; mais ce qu’en ont rapporté Segrais, Ménage, ses amisintimes , les documents tirés de ses œuvres et des faits les plus au-thentiques du temps offrent partout des contradictions inexplica-bles. J’en indiquerai quelques-unes, et j’en passerai sous silence unbeaucoup plus grand nombre.