432 SCARRON (PAUL).
Quelles étaient, les ressources de Scarron pour soute-nir un pareil train de vie? La première et la plus sûreétait de faire des dettes, dont il ne s’inquiétait jamaisqu’au moment où il fallait les payer; mais ce moment,qui arrive toujours si vite, l’avertissait de songer àd’autres moyens. Alors il n’épargnait pas les sollicita-tions, ni ses amis de cour les promesses. Abbé, dumoins par la soutane, il y avait un moyen bien naturelde lui faire du bien, c’était de lui donner un bénéfice;cependant à quel bénéfice nommer un abbé si peuecclésiastique? Aussi en demandait-il un simple, « maissi simple, » disait-il, « qu’il n'y eût qu’à croire en Dieupour le desservir 1 . » Et celui-là, encore à peine l’enjugeait-on capable. Enfin M lle d’Hautefort, solide amiede sa jeunesse, revenue à la cour après la mort deLouis XIII’, et en faveur auprès de la reine, lui inspirale désir de voir ce malade déjà à la mode. Scarron futporté au Louvre « dans sa chaise grise;» et après lespremiers moments d’un trouble dont ne le garantitpas la vivacité de son esprit, et qu’augmentait le sen-timent de la bizarrerie de sa figure, il reprit ses senset son originalité, et il demanda à la reine la permis-sion de la servir en qualité de son malade. La reinesourit; ce fut là le brevet de Scarron. Il espérait à cetitre obtenir un logement au Louvre; il le demanda
1 Menagiana.
3 Louis XIII, après en avoir été amoureux, l’avait exilée.