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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL).

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tées de l’espagnol 1 , entretinrent cette réputation quicommençait à lui devenir réellement utile. Notrethéâtre, ouvert alors à tous venants, offrait aussi unchamp fécond à un homme qui composait une comédieen trois semaines ; et le théâtre espagnol lui fournissaitdes sujets inépuisables qu’il se donnait peu la peine defaçonner. Rien dans le goût du temps ne s’opposait ausuccès des intrigues romanesques qui formaient le fondde ces pièces, ni à celui des bouffonneries extravagantesqui en faisaient l’ornement, et Scarron ne prétendaitpas à réformer le goût. Enfin, en 1646, son voyage auMans, où se trouvait alors une troupe de comédiens, luidonna l’idée de son Roman comique « le seul de sesouvrages qui passera à la postérité,» dit Ménage 2 ; eten 1648 parut le premier livre de son Virgile travesti,dont le nom du moins et quelques vers ont démentil’arrêt de Ménage, et dont le prodigieux succès déter-mina le triomphe du genre burlesque.

Mais de tous les travaux auxquels Scarron pouvait selivrer, le plus lucratif était celui des dédicaces ; il ne les

i Une de ces nouvelles, la Précaution inutile, a fourni à Molièrel’idée de l'École des Femmes, et à Sedaine le sujet de la Gageure. Ontrouve dans les Hypocrites le fond de l’une des principales scènes duTartufe. Molière a-t-il fait ces emprunts à Scarron ou à l’auteur espa-gnol de qui Scarron les tenait lui-même ? c’est ce qui n’a pas assezd’intérêt pour mériter les travaux que coûterait une pareille re-cherche.

* Menagiana, t. III, p. 291.