Buch 
Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
Entstehung
Seite
457
JPEG-Download
 

SCAURON (PAUL).

457

« un moment plus câline, je ferai une belle satire con-« tre le hoquet.» —« Ses amis, dit Ménage qui rapporte« le fait, s’attendoient à une toute autre résolution que« celle-là *. » Mais Searron était arrivé au dernier pé-riode du mal qui le torturait depuis si longtemps;bientôt réduit à l’extrémité : « Mes enfants, disoit-il à« ses parents et à ses domestiques pleurants autour de« son lit, vous ne pleurerez jamais tant que je vous ai« fait rire \ » Segrais, revenant de Bordeaux, netrouva plus Searron ; mais ignorant sa mort et allantpour le voir, « quand j’arrivai devant sa porte, dit-il,« je vis qu’on emportoit de chez lui la chaise sur la-« quelle il étoit toujours assis, et qu’on venoit de ven-« dre à son inventaire 3 . » Déjà le fieu qui restait de

‘ Menagiana, t. III, p. 290.

2 Menagiana, t. III, p. 291.

a Segraisiana, p. 150. Segrais place la mort de Searron au moisde juin 1600, et la circonstance du voyage pour le mariage du roi,qui se fit en effetà cette époque, ne permettrait guère de croire qu’ilse fût trompé, si d’un autre côté on ne voyait la nouvelle de cettemort rapportée par la Muse de Loret sous la date du 16 octobre. On ad’ailleurs de Searron une lettre datée du 5 septembre 1660 (t. I,2 e p., p. 166); la date est-elle exacte? Il y parle de son affaire quivient d’être signée, et on ne lui en connaît pas d’autre que celle desdéchargeurs, qui doit avoir été terminée plus tôt. Enfin, la lettreau comte de Vivoune, déjà citée plusieurs fois, porte la date du12 juin 1660, et cette date ne peut être contestée, puisqu’elle rouleen partie sur le mariage du roi et le voyage de Bordeaux, déjà com-mencé. « Je vais toujours en empirant, dit-il dans cette lettre, et• je me sens traîner vers ma fin plus vite que je ne voudrois. » Dureste la lettre est longue, mêlée de prose et de vers, et contient des