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SCARRON (PAUL'.
cet homme singulier et le souvenir même de ses ha-bitudes disparaissaient de ce logis qu’il avait rempliet animé si longtemps.
AvecScarron périt en France le genre de poésie qu’ilavait contribué à y mettre en honneur; genre bizarre,sans règles ni caractère fixe, dont tout le secret consistedans l’art d’employer le faux, de substituer, aux rap-ports vrais des objets, des rapports absolument contrai-res à leur nature; de surprendre ainsi l’imagination pardes impressions tout opposées à celles auxquelles elle de-vait s’attendre, d’amuser l’esprit de ce qu’il ne croitpas, et de faire sortir le plaisir de l’inconvenance mêmedes images qu’on lui présente. Comme l’imitation delàréalité n’est jamais le but que le genre burlesque se pro-pose, on n’a, pour juger ses œuvres, aucun moyen decomparaison tiré des objets réels, aucune de ces règlesde goût que la raison puise dans la nature des choses. Onne peut même assigner au burlesque aucune forme dé-terminée; il n’y a, pour les choses réellement existantes,qu’une ou peu de manières d’exister; le nombre desmanières dont elles n’existent pas est incalculable :« Le revers de la vérité, dit Montaigne, a cent mille« figures et un champ indéfini... Mille routes dévoyént
détails qui prouvent que rien n’était encore changé dans les habi-tudes de vie de Scarron ; mais ces habitudes étaient depuis si long-temps associées à sa maladie qu’elles peuvent avoir été continuéesjusqu’à sa mort.